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Le code d’examens de chez Litec Poche

dimanche 18 juin 2006, par Stephane Cottin

Litec (donc Lexis Nexis France) a sorti au mois de mai 2006 un objet bizarre : un "code d’examen".

Les notices :
- Chez Eyrolles
- à la boutique Lexis Nexis
- chez les "concurents" Lgdj
- L’appel du livre
- à la FNAC

Communiqué de presse

Présenté partout comme une innovation, c’est vrai que c’est un ovni dans le paysage éditorial juridique français : un recueil en poche, (30 euros tout de même, mais il y a 1555 pages, soit moins de 2 centimes d’euro la page), regroupant une sélection finalement assez large de textes juridiques, censé éviter à un étudiant en L1 ou L2 d’acquérir quatre ou cinq codes à 15 ou 25 euros pièce.

Si l’idée est bonne, l’objet n’est pas exempt de critiques, tant sur la forme que sur le fond.

Tout d’abord, ce n’est en rien une innovation, même si cela fait longtemps qu’on en a plus vu, mais la fin du XIXe siècle et le tout début du XXe ont vu la multiplication de petits ouvrages compacts surnommés les "codes d’audience", parce qu’ils étaient très pratiques pour les avocats qui les glissaient dans leurs robes. Parmi les plus célèbres collections, on retiendra les "codes Tripier", qui avaient des éditions quasi annuelles, et qui sont bien pratiques actuellement pour avoir un état consolidé du droit positif à une année donnée. Mais ce "code d’examens" ne cherche pas à être "original" (même si la 4e de couv l’affirme).

Sur la forme, le produit pêche par son aspect léger : grammage trop fin du papier, ainsi que de la couverture. Je ne donne pas cher de l’état de l’ouvrage au bout d’un an de transport dans les sacs des étudiants. Sur la date de sortie : avec la semestrialisation (et les manifs du CPE), c’était évidemment trop tard pour le 1e semestre, et même pour le second. Et puis, il vaut mieux commencer l’année et les TD avec un outil, et ne pas en changer au cours de l’année. Peut-être a-t-on voulu mettre les universités devant le fait accompli et ne pas les tenter d’interdire cet ouvrage lors des examens (ce qui serait un comble vu le titre de l’ouvrage en question). Evidemment, on comprend parfaitement que l’idée est d’avoir un ouvrage au plus proche de l’état du droit positif, et comme celui ci change très vite, il était important de sortir le plus tard possible. Mais j’aurai bien vu sortir quelque chose deux ou trois mois plus tôt, avec des textes à jour au 1er janvier 2006 et non au 23 mars, qui n’est pas forcément une date très logique.

Sur le fond, les choix des grands textes s’imposaient avec le contenu des études de droit des L1 et L2 : civil, constit, pénal, communautaire. Cela n’est pas mis en avant : le contenu du code ne s’arrête pas à ces grands textes, et de nombreux autres textes législatifs et réglementaires sont aussi reproduits, et c’est très bien. Mais alors, pourquoi deux chronologiques distinctes des textes cités : une simple concaténation aurait permis de repérer par exemple qu’il y a deux fois la loi CNIL de janvier 1978. Et surtout, pourquoi deux index matières distincts, un pour le pénal et un pour le civil, et pourquoi pas un pour le constitutionnel et le communautaire (qui en mériteraient bien un) ?

Pour moi, cet ouvrage est l’exemple type du gâchis d’une belle idée. Et c’est dommage, car je suis persuadé qu’il y a de la place sur le marché pourtant étroit et concurrentiel des ouvrages pour étudiants, pour un ouvrage de ce type, mais de qualité, avec sur le fond, de vrais index (chrono et matière, pourquoi pas compatible Eurovoc avec une extension multilingue en vue d’une vente à l’étranger), et sur la forme quelque chose de plus robuste, et un suivi en ligne ou un accompagnement CD-Rom (ou clef usb, cela ne coûte presque plus rien et c’est ludique pour les étudiants, en plus la clef est un excellent support publicitaire).

Voir en ligne : Code d’examens, Litec Poche

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